La vie sauvage des Atuas domestiques

Dijon_latelier_accrochage_2017
Dijon_latelier_accrochage_2017

Des atuas domestiques qui vivent leur vie, portes ouvertes à L’Atelier [processus d’altération, processus de création] de Françoise Le Corre, Dijon, 9-10-11 Juin 2017 –

Invitation Dijon L'Atelier
Invitation Dijon L’Atelier

– Plus sur les Atuas domestiques

Pluie colorée de Pauline Burguin

Vidéo de Pauline Burguin: Les couleurs de la pluie à voir sur son site.

impluvium 2016
impluvium 2016

Avant sa disparition, le Quartier-centre d’art, lieu d’exposition d’artistes encore vivants a lancé un projet consacré à sa longue collaboration avec l’atelier douarneniste « protégé » de sérigraphie Kan ar mor, actif depuis une trentaine d’années, bientôt transformé en blanchisserie industrielle pour des motifs de rentabilité.

Dans le cadre de ce projet j’ai pu faire une sérigraphie. Le film de Pauline BURGUIN est une POM (petite œuvre multimedia) sur le sujet.

Pinture et recouvrement

 

Sur la façade du Quartier, centre d’art contemporain désormais fermé selon les voeux de la Mairie, la signalétique a logiquement été voilée. Avec justesse, en noir caviardage, pour que la rature soit manifeste. En blanc, c’eût été l’amnésie.
Tiens tiens ce voile est en voie de recouvrement accéléré par des … grafs.
Avec du multicolore et des images, ce sera plus gai ? On pensera à aut’chose ?
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A titre de comparaison une sorte de voile de ciment brut du même type, involontaire, masquant sans doute une réparation, formait un beau nuage poétique avec un peu de pluie, à commenter par François Cheng, et est resté intouché plus d’une décennie, sur le pignon à l’Est de la médiathèque (à gauche de l’entrée), visible de face à droite sur un trajet depuis la rue de Douarnenez vers la rivière. Il est vrai qu’il était plus difficile à atteindre, logiquement situé à plusieurs mètres de hauteur. On ne le voit plus depuis la construction de médiathèque.
image de l'endroit sur le fb de Pascal Pérennec
image du graf de tapis volant sur solitudemonamour 

Ce qui advient

Quimper qui laissa échapper en 1971 les facs vers Brest, de peur qu’il y ait des jeunes et que ça fasse du bruit, ferme cette semaine un centre d’art contemporain consacré aux artistes encore vivants, ouvert dans les années 90.
Décidément on aime beaucoup les traditions ici et rien n’est destiné à changer aux pays des nuages qui pleuvent sur de vieux cailloux . La seule modernité tolérée est celle de porcheries industrielles polluantes qui nous obligent à nager dans de la salade.

CE QUI ADVIENT
Antonio Gramsci
Pourquoi je hais l’indifférence p.56

Ce qui advient, n’advient pas tant parce que quelques uns veulent que cela advienne, mais parce que la masse des hommes abdique sa volonté, laisse faire, laisse s’amasser les nœuds que seule une épée pourra ensuite trancher, laisse promulguer les lois que seule une révolte pourra ensuite abroger, laisse arriver au pouvoir les hommes que seule une mutinerie pourra ensuite renverser.
En réalité, la fatalité qui semble dominer l’histoire n’est rien d’autre que l’apparence illusoire de cette indifférence, de cet absentéisme. Des fait mûrissent dans l’ombre, quelques mains, qui échappent à tout contrôle, tissent la toile de la vie collective et la masse l’ignore parce qu’elle  ne s’en soucie pas. Les destins d’une époque se trouvent ainsi manipulés en fonction des visions étroites, des objectifs immédiats, des ambitions et des passions personnelles de petites groupes actifs, et la masse l’ignore parce qu’elle ne s’en soucie pas. Mais les faits qui ont mûri finissent par se déclarer; mais la toile tissée dans l’ombre est enfin achevée; et alors il semble que la fatalité emporte les choses et les hommes, il semble que l’histoire ne soit qu’un énorme phénomène naturel, une éruption, un tremblement de terre, duquel tous sont victimes, ceux qui l’ont voulu et ceux qui ne l’ont pas voulu, ceux qui savaient et ceux qui ne savaient pas, ceux qui avaient une part active et ceux qui étaient indifférents. Et ces derniers se fâchent, voudraient échapper aux conséquences, ils voudraient qu’il soit clair que non, ils ne voulaient pas cela, que non, ils ne sont pas responsables. Certains se mettent à pleurnicher de manière pathétique, d’autres blasphèment de manière obscène, mais rares sont ceux qui se demandent: et si moi j’avais fait mon devoir, si j’avais tenté de faire valoir ma volonté, mon avis, est-ce que ce qui s’est passé se serait passé? Pourtant ils sont rares ceux qui se reprochent leur indifférence, leur septicisme, et plus rares encore ceux qui regrettent de ne pas avoir prêté leurs bras et leur activité à ces groupes de citoyens qui ont combattu et se sont proposé de procurer tel ou tel bien, précisement pour éviter ce mal.
La plupart d’entre eux, au contraire, une fois que les événements ont eu lieu, préfèrent parler d’échecs idéaux, de programmes qui se sont effondrés de manière définitive, et autres aménités.

Quimper, enterrement du Quartier, silence de plomb


Vidéo cotequimper.fr
Le Maire et son conseil ont refusé jeudi soir de retarder la fermeture du centre d’art. Ce voeu était exprimé par l’opposition, suivi par des dissidents de son propre camp, soutenu par presque 6000 signataires de la pétition, et par les manifestants présents entrés dans la salle du conseil.

On n’a cette fois encore entendu aucun argument respectable pour décider la fermeture d’un centre d’art, si ce n’est l’argument financier, à la mode, vague, valable pour tout et n’importe quoi, et qui n’a rien de spécifique. Une baisse équitablement répartie aurait embêté tout le monde, mais n’aurait pu couvrir de liquidations politiques.

A défaut, quelques laborieux de la majorité ont “noyé le poisson”, psalmodiant des chiffres et des listes d’établissements culturels à disposition (comme si c’était un problème de quantité…) qui démontrent l’approche « meta » de gens qui administrent les autres sans connaissance ni intérêt du terrain qu’ils décrivent ou du matériau qu’ils traitent. Justifications insuffisantes et qui répondent à côté, délibérément. Cette condescendance des intervenants* est résumée par le Maire: “La fête est finie.”*

Comme si fête il y avait eu… Fausse justification tirée de “La cigale et la fourmi”, à destination d’un parterre sans doute attardé, qualifié il y a quelques mois par l’adjoint à la culture de “soixante-huitards égocentrés”. Culture = hippies : c’est la conception qu’ils en ont.

Cette déprimante histoire aura démontré que dans notre gros bourg, on peut fermer un lieu de culture sans justifier le choix de fermer un lieu de culture. Et jeter au passage neuf petits salaires à la rue, “vae victis”, sans qu’une véritable raison leur soit donnée, pas plus qu’à quiconque, sans que le non-dit ne soit levé.
Dans ce domaine d’autres ont fait plus fort: brûler directement des bibliothèques.

* Éternel folklore de la droite : sûrs d’incarner le redressement vertueux d’un monde livré à la décadence, ces méritants n’ont pas peur d’imposer leur ordre avec justifications comptables – en tout arbitraire, sans raison.

Museumrandom à Rennes

Portes ouvertes dans les ateliers d’artistes Rennes 2015 à l’atelier de André Le Moënner qui invitait Pol Guezennec. De gauche à droite sur la photo, le “Lièvre de Marx” (A.L.M), la projection “Museumrandom” (P.G), “Master & servant” (A.L.M).

En 2012, Pol Guezennec et André Le Moënner imaginaient un programme qui débarrasserait les œuvres de leur contexte et les confronterait physiquement “bord à bord”. C’est Museum random, ou le “musée aléatoire” sous forme d’une projection.
Pour André Le Moënner, après une longue pratique du dessin, débute en 2011 un travail de sculpture. Le dispositif choisi s’apparente au diorama. Les “scènes” en volume traitées en clair-obscur renvoient métaphoriquement à un état du monde chaotique en constante mutation.

Cousin comme cochon

Cousin Comme Cochon
Cousin Comme Cochon

Intéressant documentaire de Mathurin Peschet sur une population largement majoritaire dans la région ( 5 cochons pour 1 breton ), nos cousins les cochons. Le réalisateur assume sa position de gars de la Ville, le film prend son temps et adopte un point de vue assez large ; avec M.Pastoureau en guest-star. Rediffusion FR3 Bretagne Lundi 14 Septembre à 8:45.

Menaces sur le centre d‘art contemporain de Quimper et autres “reprises en main” de la culture

Neil Armstrong's unemployment, 1995, encre sur papier
Neil Armstrong’s unemployment, 1995, encre sur papier

“Le populaire sait pour le peuple”

L'article entier: Barbara Métais-Chastanier, «La censure par le populaire», Agôn [En ligne], Points de vue, mis à jour le : 24/11/2015,
 URL : http://agon.ens-lyon.fr/index.php?id=3127.

Depuis quelques mois, un même mot d’ordre se fait entendre ici et là : celui selon lequel les lieux d’art et de culture devraient être des lieux « populaires » et « ouverts à tous ». Rien de nouveau sous le soleil si l’on veut bien se rappeler que c’était le même élan qui guidait déjà Jean Vilar et Antoine Vitez dans la défense d’un « théâtre élitaire pour tous » (Vitez) dès les années cinquante. Pourtant le « populaire » semble aujourd’hui n’être qu’un vulgaire cache-sexe pour des politiques culturelles populistes et réactionnaires qui n’hésitent pas à prendre les commandes de lieux artistiques quand leur programmation ne s’ajuste pas aux cahiers des charges municipaux. On le sait les élus sont sensibles aux polémiques et le consensus doit régner pour éviter les risques politiques : les propositions divertissantes ont le mérite d’arrondir les angles en répondant aux attentes de collectivités souvent plus soucieuses d’aménager le territoire que de le voir se soulever sous l’effet de tensions et de désaccords profonds.

Celui qui est toujours instrumentalisé, celui pour qui parlent ceux qui agitent la poupée du « populaire » moribond, c’est le public. Le « vrai » public entendons-nous bien. Celui qui comme la Vérité d’X-Files est toujours ailleurs. Pas celui qui applaudit des deux mains les dramaturgies d’avant-garde (toujours intello celui-là), pas celui qui va trop souvent au théâtre, au musée ou qui a l’audace de lire quand sa ministre de la Culture lui rappelle que ça prend trop de temps (toujours suspect celui-là), pas celui qui baigne dans la culture, dans l’art ou dans l’école (il ne sait pas ce que c’est que le réel, celui-là). Non, le Vrai public, le Brut, l’Ignorant, le Mal-à-l’aise, celui qui sue à l’idée d’une pièce de trois heures, celui qui tremble quand on lui annonce un classique. Celui qu’on dit « empêché » après l’avoir affublé pendant longtemps de l’étiquette de « non-public ». Et c’est au nom de ce Vrai Public, qui n’a pas plus d’existence que le « Bon Chasseur » des Inconnus 1, au nom du « Peuple », que le « populaire » se voit réduit au rang d’objet de culture consensuel. Ce n’est pas pour mon public, mes habitants ne veulent plus de ça, entend-on souvent ad nauseam. Car le « populaire » sait pour le peuple, pour le public, pour les habitants ce qui est « bon » pour eux, ce qui est « fait » pour eux, ce qu’ils ont « envie de voir » et ce qu’ils sont « en mesure de comprendre ».

(…) La suite est aussi bien –

L'article entier: Barbara Métais-Chastanier, «La censure par le populaire», Agôn [En ligne], Points de vue, mis à jour le : 24/11/2015,
 URL : http://agon.ens-lyon.fr/index.php?id=3127.