La vie sauvage des Atuas domestiques

Dijon_latelier_accrochage_2017
Dijon_latelier_accrochage_2017

Des atuas domestiques qui vivent leur vie, portes ouvertes à L’Atelier [processus d’altération, processus de création] de Françoise Le Corre, Dijon, 9-10-11 Juin 2017 –

Invitation Dijon L'Atelier
Invitation Dijon L’Atelier

– Plus sur les Atuas domestiques

Amar Kanwar

Amar Kanwar
Amar Kanwar

Amar Kanwar est un artiste indien exposé au Frac Pays de Loire cet été (à Carquefou; par ailleurs Galerie Marian Goodman). Il dénonce la dictature birmane par des faits plutôt quotidiens et humbles, dans un langage patient, qui n’évacue pas sa sensibilité de témoin, d’humain, d’auteur, d’artiste, et la lenteur nécessaire de la vie réelle.
Il utilise la video ou le livre, ou l’un ou l’autre, avec la même logique. Un exemple de l’art faisant ce que l’infotainment ne fait pas – et ne peut sans doute pas faire. Belle leçon de sobriété.

Amar Kanwar
Amar Kanwar

Quimper, enterrement du Quartier, silence de plomb


Vidéo cotequimper.fr
Le Maire et son conseil ont refusé jeudi soir de retarder la fermeture du centre d’art. Ce voeu était exprimé par l’opposition, suivi par des dissidents de son propre camp, soutenu par presque 6000 signataires de la pétition, et par les manifestants présents entrés dans la salle du conseil.

On n’a cette fois encore entendu aucun argument respectable pour décider la fermeture d’un centre d’art, si ce n’est l’argument financier, à la mode, vague, valable pour tout et n’importe quoi, et qui n’a rien de spécifique. Une baisse équitablement répartie aurait embêté tout le monde, mais n’aurait pu couvrir de liquidations politiques.

A défaut, quelques laborieux de la majorité ont “noyé le poisson”, psalmodiant des chiffres et des listes d’établissements culturels à disposition (comme si c’était un problème de quantité…) qui démontrent l’approche « meta » de gens qui administrent les autres sans connaissance ni intérêt du terrain qu’ils décrivent ou du matériau qu’ils traitent. Justifications insuffisantes et qui répondent à côté, délibérément. Cette condescendance des intervenants* est résumée par le Maire: “La fête est finie.”*

Comme si fête il y avait eu… Fausse justification tirée de “La cigale et la fourmi”, à destination d’un parterre sans doute attardé, qualifié il y a quelques mois par l’adjoint à la culture de “soixante-huitards égocentrés”. Culture = hippies : c’est la conception qu’ils en ont.

Cette déprimante histoire aura démontré que dans notre gros bourg, on peut fermer un lieu de culture sans justifier le choix de fermer un lieu de culture. Et jeter au passage neuf petits salaires à la rue, “vae victis”, sans qu’une véritable raison leur soit donnée, pas plus qu’à quiconque, sans que le non-dit ne soit levé.
Dans ce domaine d’autres ont fait plus fort: brûler directement des bibliothèques.

* Éternel folklore de la droite : sûrs d’incarner le redressement vertueux d’un monde livré à la décadence, ces méritants n’ont pas peur d’imposer leur ordre avec justifications comptables – en tout arbitraire, sans raison.

Museumrandom à Rennes

Portes ouvertes dans les ateliers d’artistes Rennes 2015 à l’atelier de André Le Moënner qui invitait Pol Guezennec. De gauche à droite sur la photo, le “Lièvre de Marx” (A.L.M), la projection “Museumrandom” (P.G), “Master & servant” (A.L.M).

En 2012, Pol Guezennec et André Le Moënner imaginaient un programme qui débarrasserait les œuvres de leur contexte et les confronterait physiquement “bord à bord”. C’est Museum random, ou le “musée aléatoire” sous forme d’une projection.
Pour André Le Moënner, après une longue pratique du dessin, débute en 2011 un travail de sculpture. Le dispositif choisi s’apparente au diorama. Les “scènes” en volume traitées en clair-obscur renvoient métaphoriquement à un état du monde chaotique en constante mutation.

Menaces sur le centre d‘art contemporain de Quimper et autres “reprises en main” de la culture

Neil Armstrong's unemployment, 1995, encre sur papier
Neil Armstrong’s unemployment, 1995, encre sur papier

“Le populaire sait pour le peuple”

L'article entier: Barbara Métais-Chastanier, «La censure par le populaire», Agôn [En ligne], Points de vue, mis à jour le : 24/11/2015,
 URL : http://agon.ens-lyon.fr/index.php?id=3127.

Depuis quelques mois, un même mot d’ordre se fait entendre ici et là : celui selon lequel les lieux d’art et de culture devraient être des lieux « populaires » et « ouverts à tous ». Rien de nouveau sous le soleil si l’on veut bien se rappeler que c’était le même élan qui guidait déjà Jean Vilar et Antoine Vitez dans la défense d’un « théâtre élitaire pour tous » (Vitez) dès les années cinquante. Pourtant le « populaire » semble aujourd’hui n’être qu’un vulgaire cache-sexe pour des politiques culturelles populistes et réactionnaires qui n’hésitent pas à prendre les commandes de lieux artistiques quand leur programmation ne s’ajuste pas aux cahiers des charges municipaux. On le sait les élus sont sensibles aux polémiques et le consensus doit régner pour éviter les risques politiques : les propositions divertissantes ont le mérite d’arrondir les angles en répondant aux attentes de collectivités souvent plus soucieuses d’aménager le territoire que de le voir se soulever sous l’effet de tensions et de désaccords profonds.

Celui qui est toujours instrumentalisé, celui pour qui parlent ceux qui agitent la poupée du « populaire » moribond, c’est le public. Le « vrai » public entendons-nous bien. Celui qui comme la Vérité d’X-Files est toujours ailleurs. Pas celui qui applaudit des deux mains les dramaturgies d’avant-garde (toujours intello celui-là), pas celui qui va trop souvent au théâtre, au musée ou qui a l’audace de lire quand sa ministre de la Culture lui rappelle que ça prend trop de temps (toujours suspect celui-là), pas celui qui baigne dans la culture, dans l’art ou dans l’école (il ne sait pas ce que c’est que le réel, celui-là). Non, le Vrai public, le Brut, l’Ignorant, le Mal-à-l’aise, celui qui sue à l’idée d’une pièce de trois heures, celui qui tremble quand on lui annonce un classique. Celui qu’on dit « empêché » après l’avoir affublé pendant longtemps de l’étiquette de « non-public ». Et c’est au nom de ce Vrai Public, qui n’a pas plus d’existence que le « Bon Chasseur » des Inconnus 1, au nom du « Peuple », que le « populaire » se voit réduit au rang d’objet de culture consensuel. Ce n’est pas pour mon public, mes habitants ne veulent plus de ça, entend-on souvent ad nauseam. Car le « populaire » sait pour le peuple, pour le public, pour les habitants ce qui est « bon » pour eux, ce qui est « fait » pour eux, ce qu’ils ont « envie de voir » et ce qu’ils sont « en mesure de comprendre ».

(…) La suite est aussi bien –

L'article entier: Barbara Métais-Chastanier, «La censure par le populaire», Agôn [En ligne], Points de vue, mis à jour le : 24/11/2015,
 URL : http://agon.ens-lyon.fr/index.php?id=3127.