Amar Kanwar

Amar Kanwar
Amar Kanwar

Amar Kanwar est un artiste indien exposé au Frac Pays de Loire cet été (à Carquefou; par ailleurs Galerie Marian Goodman). Il dénonce la dictature birmane par des faits plutôt quotidiens et humbles, dans un langage patient, qui n’évacue pas sa sensibilité de témoin, d’humain, d’auteur, d’artiste, et la lenteur nécessaire de la vie réelle.
Il utilise la video ou le livre, ou l’un ou l’autre, avec la même logique. Un exemple de l’art faisant ce que l’infotainment ne fait pas – et ne peut sans doute pas faire. Belle leçon de sobriété.

Amar Kanwar
Amar Kanwar

Menaces sur le centre d‘art contemporain de Quimper et autres “reprises en main” de la culture

Neil Armstrong's unemployment, 1995, encre sur papier
Neil Armstrong’s unemployment, 1995, encre sur papier

“Le populaire sait pour le peuple”

L'article entier: Barbara Métais-Chastanier, «La censure par le populaire», Agôn [En ligne], Points de vue, mis à jour le : 24/11/2015,
 URL : http://agon.ens-lyon.fr/index.php?id=3127.

Depuis quelques mois, un même mot d’ordre se fait entendre ici et là : celui selon lequel les lieux d’art et de culture devraient être des lieux « populaires » et « ouverts à tous ». Rien de nouveau sous le soleil si l’on veut bien se rappeler que c’était le même élan qui guidait déjà Jean Vilar et Antoine Vitez dans la défense d’un « théâtre élitaire pour tous » (Vitez) dès les années cinquante. Pourtant le « populaire » semble aujourd’hui n’être qu’un vulgaire cache-sexe pour des politiques culturelles populistes et réactionnaires qui n’hésitent pas à prendre les commandes de lieux artistiques quand leur programmation ne s’ajuste pas aux cahiers des charges municipaux. On le sait les élus sont sensibles aux polémiques et le consensus doit régner pour éviter les risques politiques : les propositions divertissantes ont le mérite d’arrondir les angles en répondant aux attentes de collectivités souvent plus soucieuses d’aménager le territoire que de le voir se soulever sous l’effet de tensions et de désaccords profonds.

Celui qui est toujours instrumentalisé, celui pour qui parlent ceux qui agitent la poupée du « populaire » moribond, c’est le public. Le « vrai » public entendons-nous bien. Celui qui comme la Vérité d’X-Files est toujours ailleurs. Pas celui qui applaudit des deux mains les dramaturgies d’avant-garde (toujours intello celui-là), pas celui qui va trop souvent au théâtre, au musée ou qui a l’audace de lire quand sa ministre de la Culture lui rappelle que ça prend trop de temps (toujours suspect celui-là), pas celui qui baigne dans la culture, dans l’art ou dans l’école (il ne sait pas ce que c’est que le réel, celui-là). Non, le Vrai public, le Brut, l’Ignorant, le Mal-à-l’aise, celui qui sue à l’idée d’une pièce de trois heures, celui qui tremble quand on lui annonce un classique. Celui qu’on dit « empêché » après l’avoir affublé pendant longtemps de l’étiquette de « non-public ». Et c’est au nom de ce Vrai Public, qui n’a pas plus d’existence que le « Bon Chasseur » des Inconnus 1, au nom du « Peuple », que le « populaire » se voit réduit au rang d’objet de culture consensuel. Ce n’est pas pour mon public, mes habitants ne veulent plus de ça, entend-on souvent ad nauseam. Car le « populaire » sait pour le peuple, pour le public, pour les habitants ce qui est « bon » pour eux, ce qui est « fait » pour eux, ce qu’ils ont « envie de voir » et ce qu’ils sont « en mesure de comprendre ».

(…) La suite est aussi bien –

L'article entier: Barbara Métais-Chastanier, «La censure par le populaire», Agôn [En ligne], Points de vue, mis à jour le : 24/11/2015,
 URL : http://agon.ens-lyon.fr/index.php?id=3127.