Pluie colorée de Pauline Burguin

Vidéo de Pauline Burguin: Les couleurs de la pluie à voir sur son site.

impluvium 2016
impluvium 2016

Avant sa disparition, le Quartier-centre d’art, lieu d’exposition d’artistes encore vivants a lancé un projet consacré à sa longue collaboration avec l’atelier douarneniste « protégé » de sérigraphie Kan ar mor, actif depuis une trentaine d’années, bientôt transformé en blanchisserie industrielle pour des motifs de rentabilité.

Dans le cadre de ce projet j’ai pu faire une sérigraphie. Le film de Pauline BURGUIN est une POM (petite œuvre multimedia) sur le sujet.

Pinture et recouvrement

Sur la façade du Quartier, centre d’art contemporain désormais fermé selon les voeux de la Mairie, la signalétique a logiquement été voilée. Avec justesse, en noir caviardage, pour que la rature soit manifeste. En blanc, c’eût été l’amnésie.
Tiens tiens ce voile est en voie de recouvrement accéléré par des … grafs.
Avec du multicolore et des images, ce sera plus gai ? On pensera à aut’chose ?
————-
A titre de comparaison une sorte de voile de ciment brut du même type, involontaire, masquant sans doute une réparation, formait un beau nuage poétique avec un peu de pluie, à commenter par François Cheng, et est resté intouché plus d’une décennie, sur le pignon à l’Est de la médiathèque (à gauche de l’entrée), visible de face à droite sur un trajet depuis la rue de Douarnenez vers la rivière. Il est vrai qu’il était plus difficile à atteindre, logiquement situé à plusieurs mètres de hauteur. On ne le voit plus depuis la construction de médiathèque.
image de l'endroit sur le fb de Pascal Pérennec
image du graf de tapis volant sur solitudemonamour 

Ce qui advient

Quimper qui laissa échapper en 1971 les facs vers Brest, de peur qu’il y ait des jeunes et que ça fasse du bruit, ferme cette semaine un centre d’art contemporain consacré aux artistes encore vivants, ouvert dans les années 90.
Décidément on aime beaucoup les traditions ici et rien n’est destiné à changer aux pays des nuages qui pleuvent sur de vieux cailloux . La seule modernité tolérée est celle de porcheries industrielles polluantes qui nous obligent à nager dans de la salade.

CE QUI ADVIENT
Antonio Gramsci
Pourquoi je hais l’indifférence p.56

Ce qui advient, n’advient pas tant parce que quelques uns veulent que cela advienne, mais parce que la masse des hommes abdique sa volonté, laisse faire, laisse s’amasser les nœuds que seule une épée pourra ensuite trancher, laisse promulguer les lois que seule une révolte pourra ensuite abroger, laisse arriver au pouvoir les hommes que seule une mutinerie pourra ensuite renverser.
En réalité, la fatalité qui semble dominer l’histoire n’est rien d’autre que l’apparence illusoire de cette indifférence, de cet absentéisme. Des fait mûrissent dans l’ombre, quelques mains, qui échappent à tout contrôle, tissent la toile de la vie collective et la masse l’ignore parce qu’elle  ne s’en soucie pas. Les destins d’une époque se trouvent ainsi manipulés en fonction des visions étroites, des objectifs immédiats, des ambitions et des passions personnelles de petites groupes actifs, et la masse l’ignore parce qu’elle ne s’en soucie pas. Mais les faits qui ont mûri finissent par se déclarer; mais la toile tissée dans l’ombre est enfin achevée; et alors il semble que la fatalité emporte les choses et les hommes, il semble que l’histoire ne soit qu’un énorme phénomène naturel, une éruption, un tremblement de terre, duquel tous sont victimes, ceux qui l’ont voulu et ceux qui ne l’ont pas voulu, ceux qui savaient et ceux qui ne savaient pas, ceux qui avaient une part active et ceux qui étaient indifférents. Et ces derniers se fâchent, voudraient échapper aux conséquences, ils voudraient qu’il soit clair que non, ils ne voulaient pas cela, que non, ils ne sont pas responsables. Certains se mettent à pleurnicher de manière pathétique, d’autres blasphèment de manière obscène, mais rares sont ceux qui se demandent: et si moi j’avais fait mon devoir, si j’avais tenté de faire valoir ma volonté, mon avis, est-ce que ce qui s’est passé se serait passé? Pourtant ils sont rares ceux qui se reprochent leur indifférence, leur septicisme, et plus rares encore ceux qui regrettent de ne pas avoir prêté leurs bras et leur activité à ces groupes de citoyens qui ont combattu et se sont proposé de procurer tel ou tel bien, précisement pour éviter ce mal.
La plupart d’entre eux, au contraire, une fois que les événements ont eu lieu, préfèrent parler d’échecs idéaux, de programmes qui se sont effondrés de manière définitive, et autres aménités.