Marseille: artothèque en difficulté

L’artothèque Antonin Arthaud à Marseille est en difficulté: la DRAC-paca — dont l’action s’organise autour de 4 pôles: création, publics et territoires, patrimoine, archi et espaces protégés — lui ferme le robinet. Argument invoqué :

« L’artothèque a fait ses preuves mais nous n’avons pas pour vocation de pérenniser la subvention de fonctionnement d’une association d’enseignants, souligne Marc Ceccaldi, le directeur régional des affaires culturelles. Si compétents soient-ils, ils ne sont pas professionnels et s’ils ont bénéficié – sans doute par sympathie -, de subventions de la Drac les années passées, ce n’est pas un acquis. »

Article de Laurence Mildonian, La Provence, 25 septembre
Il vous faudra choisir une pub avant de le lire, mais il est assez complet.

Pétition en ligne : près de 2000 signatures.

Lettre ouverte sur le site de l’artothèque

artothèque Antonin Arthaud à Marseille, Alain Puec
Alain Puec, collection artothèque Antonin Arthaud, Marseille

Photographie aux abois

(…) Avec les réseaux numériques, un nouveau régime de vérité s’est imposé. Les images ne sont plus conçues de toute pièce par des professionnels patentés, elles sont diffusées, envoyées, reçues et réagencées en flux par tout un chacun. Le règne des professionnels vacille devant la masse des amateurs.
(…)
S’arc-bouter sur une conception dépassée du photojournalisme, et accuser la presse de tous les maux, revient à ne pas voir que l’une et l’autre, qui ont toujours été solidaires, le sont encore aujourd’hui dans leur déclin. Le «scoop», le grand reportage, l’instant décisif, la grande presse illustrée, etc., tous ces éléments de l’information visuelle et journalistique d’hier n’ont pas franchi le seuil du XXIe siècle car ils incarnaient des valeurs économiques, sociales, idéologiques, cognitives, techniques et esthétiques — et supportaient un régime de vérité — d’un monde encore tellement proche et si terriblement lointain que la pensée s’en trouve désorientée au point de ne pas trouver meilleure expression que l’emploi des «mots grossiers».

Le photojournalisme aux abois : Article sur paris-art N°363
Le crépuscule du photojournalisme: Le crépuscule du photo journalisme »

Trompettes de la renommée

Tim Rollins + K.O.S sur artnet.com
Tim Rollins + K.O.S sur artnet.com

Umberto EcoComment présenter un catalogue d’art?
Comment voyager avec un saumon, le livre de poche

Comment devient-on un PDC * ? Malheureusement, rien de plus facile. Il suffit d’exercer une profession intellectuelle — les physiciens nucléaires et les biologistes sont très prisés —, de posséder un téléphone à son nom et de jouir d’une certaine renommée. La renommée est calculée ainsi : en extension géographique, elles doit être supérieure à la zone d’impact de l’expo – elle sera donc départementale pour une ville de soixante-dix mille habitants et moins, nationale pour une préfecture, mondiale pour une capitale d’Etat souverain, à l’exclusion de Saint-Marin et Andorre ; en profondeur la renommée doit être inférieure à l’étendue de la culture des éventuels acquéreurs (si c’est une expo de peintres du dimanche, il est inutile, voire dommageable, d’être journaliste au New Yorker, mieux vaut être directeur de l’école locale).

* Présentateur de Catalogue d’Art

Paie et ferme-la.

« En vieillissant, j‘ai souvent l‘impression que le pays devient chaque jour plus primitif, plus stupide et impoli. C‘est en tout cas criant avec les compagnies aériennes, le gouvernement, dans les restaurants et les hôtels, chez les médecins. On se retrouve à éviter sans arrêt le shrapnel invisible d‘incessants conflits virtuels. On devient aussitôt suspect si on ne fait pas le mort comme il sied au sein de l‘éthique unique et mercantile du « paie et ferme-la ». Les gens veulent à tout prix avoir le dernier mot, comme si ce dernier mot existait ailleurs qu‘en enfer. »

Jim Harrison, « La route du retour« 

Cette citation éclaire mes récentes conversations avec les services commerciaux téléphoniques d’Orange d’une part, et ceux des contraventions routières d’autre part. Je n’en veux pas longtemps aux gisquettes défensives auxquelles j’ai affaire: on utilise simplement d’elles une acrimonie naturelle, une disposition innée et vulgaire à l’agressivité ; les vrais responsables sont les cadres qui mettent en place ces systèmes de liaisons téléphoniques où l’on n’obtiendra pas de réponse : dialogue en trompe-l’oeil, spécialité de notre époque de croissance.
« Il n’y a pas de réponse à votre question », c’est la réponse que j’obtins une fois de l' »assistance téléphonique » du « Relais Internet » (un service lié à Orange qui enregistre les noms de domaine). Ma question ce jour-là était simple . J’avais souscris à un nom de domaine par leur intermédiaire, et je demandais pourquoi ce nom ne donnait aucun résultat chez Google, Voilà et le moteur Orange, alors qu’il assurait une présence tout-à-fait digne en première page et premières références chez Altavista, Yahoo et d’autres.
Il n’y avait donc pas de réponse à ma question. On me suggéra néanmoins de souscrire à des services de référencement professionnels, qui eux, au moins, seraient sans doute capables d’obtenir un peu plus de résultat.
Une frame fantôme, invisible dans le répertoire ftp, encadre la page index du site en question. Cette frame est donc la première instance analysée par les robots des moteurs de recherche, le contenu des frames (la page index du site par exemple) ne venant qu’en second. Comme par hasard, la partie <body> de cette frame contient une liste (<ul>) de liens qui fait la promotion du Relais Internet. Ce qui signifie que le Relais Internet en utilisant une partie de la page invisible en consultation http, fait sa pub à cheval sur le dos de ses clients. C’est pour cela qu’il n’y avait pas de réponse?